Je le veux, je le fais.

Nous sommes le 1er janvier 2019. Bonne Année !  Avez vous pris des bonnes résolutions? On n’est pas obligé!  Parfois on a juste besoin de garder les bonnes habitudes, n’est pas?  De mon côté, j’aime bien les bonnes résolutions. Et si elles sont écrites quelque part ça marche mieux. Alors aujourd’hui je viens vous parler du défi que j’ai décidé de me lancer pour cette année. Je vais l’appeler Je le veux je le fais. Cela veut dire que pendant toute l’année 2019 je ne m’achèterai aucun vêtement. Si je veux avoir quelque chose de nouveau, je me le ferai. 

Mais pourquoi me compliquer ainsi la vie ? Pour une maman de 4 enfants c’est tellement plus simple d’aller au centre commercial et de s’acheter des habits tout faits! En plus on en trouve pour tous les budgets… Franchement, pourquoi se compliquer l’existence ? Par plusieurs raisons. D’abord parce que faire des choses avec les mains nous connecte à la réalité. Et ensuite parce que je cherche une certaine frugalité dans ma vie.

Le réel

Faire mes vêtements me rapproche du réel.  Notre monde est très complexe, nos modes de vie ont beaucoup évolué, et très rapidement. Les activités manuelles nous réconcilient avec notre présent, avec la réalité des choses et avec nos limitations. 

Un jour d’hiver, l’année dernière,  je tricotais devant la cheminée. J’avais eu du mal à faire du feu ce jour là, mais quand les bûches ont bien pris et que j’ai pu profiter de la chaleur, j’ai eu un sentiment de réalité. La chaleur ne venait pas d’un chauffage central, alimenté par un combustible acheté à x% par je ne sais plus quel fournisseur à un lointain pays producteur.  Elle venait des bûches que j’avais portées.

De même, le fil que je faisais passer entre les doigts et autour de mes aiguilles était un fil en laine de mouton. Je connaissais l’origine de la laine, ainsi que la filature, et je voyais le tissu grandir devant mes yeux. C’est moi qui a déterminé la qualité du fil et la couleur. J’avais aussi choisi le patron, la taille et c’était grâce moi que le projet avançait plus ou moins vite. 

Aller au magasin acheter ses vêtements a certes ses avantages, je ne dirai pas que les boutiques ne me plaisent pas. Mais tous les choix de tissu, de matériel, de style et de main d’œuvre ont déjà été faits. Et ils nous échappent. Tout vient de tellement loin et est tellement éparpillé qu’il devient difficile de cerner ce qu’il y a dans les rayons. C’est souvent comme un plat préparé. 


La frugalité

Mon défi Je le veux je le fais pourra répondre à un autre besoin. C’est le besoin d’avoir moins. Car je ne suis pas une ligne de production. Je suis une seule, et ma capacité de production est extrêmement limitée. Si j’ai envie d’avoir 3 nouvelles robes pour cet hiver je vais devoir réfléchir. Est-ce que cette envie correspond à mes besoins réels ? Je sais que pour moi ce serait de trop. Et passer du temps à faire la robe de plus est un gâchis que je ne peux pas me permettre. 

Vous voyez, je peux me sacrifier pour acheter une robe de plus, surtout si elle ne coute pas très cher. Mais si je la fais moi même, je réfléchirai mieux avant de commencer le projet. Pourquoi ? Parce que je n’ai pas envie de dire à ceux que j’aime d’attendre encore un peu parce que je suis très occupée à faire quelque chose dont personne n’a vraiment besoin. Je n’ai pas du temps à jeter par la fenêtre !

Ce besoin d’avoir moins est indispensable dans un monde où on consomme trop et très mal. Parce que les biens de consommation coûtent peu cher aux habitants des pays développés, nous avons oublié le travail et l’énergie nécessaires pour les produire. Ils sont confectionnés loin de nos yeux, dans des conditions mystérieuses, et ils nous sont proposés à des prix qui ne correspondent absolument pas au travail investi. Ni à la pollution qu’ils ont généré pour arriver jusqu’à nous.

Le besoin d’avoir moins réconcilie les difficultés de notre planète chérie, épuisée par un excès de production, avec notre bien-être, car beaucoup d’entre nous ont besoin de se désencombrer et de faire de la place pour ce qui a vraiment de la valeur. C’est ma version de frugalité. Je ne suis pas capable de réussir un potager, mais pour mes vêtements je peux faire quelque chose.  Je le veux, je le fais. 

Tricot detente

Je compte sur votre soutien moral car la route va être longue. Tout petit commentaire compte ! 🙂 N’hésitez pas non plus à partager cet article avec d’autres passionnés d’aiguilles et de développement durable. Merci!

Paula

23 thoughts on “Je le veux, je le fais.

  1. Je suis entièrement d’accord, et j’ajoute que, comme un ancien dirigeant d’une filature industrielle, je sais très bien ce qui coûte la manufacture du fil, sans lequel on ne fait pas de tissu ni de maille. Si on savait combien de machines et de main d’oeuvre sont nécessaires à produire un seul mètre de fil, soit du fil à coudre, à tisser ou à tricoter; si le grand public faisait idée de l’extension et de la complexité de la chaine de production des vêtements qu’il achète sans beaucoup y penser, ces articles seraient certainement beaucoup plus estimés. Mes compliments à Paula pour le texte qu’elle a composé pour ce blog et particulièrement pour avoir compris toute l’importance de produire de ses propres mains les habits qu’elle compte vêtir en 2019.

  2. Merci beaucoup! Je suis très touchée par ce commentaire, il va me servir d’encouragement tout au long de l’année et bien plus que ça…
    De plus, votre point de vue qui est venu enrichir le blog. Vive le partage d’expériences!
    Paula

  3. Très beau projet Paula. Tu es totalement dans le vrai je suis admirative. Bon courage et je sais que tu vas le mener à bien.

  4. Superbe projet Paula, je suis admirative ! Je suis certaine que tu vas le mener à terme car je connais ta ténacité dans l’effort. Bravo à toi, et une bonne année à toute la famille !

    1. Merci Sandrine! Merci pour l’encouragement! Je suis très motivée, les soldes ne me feront pas vaciller! Cette année Je ne m’achèterai que des laines et des tissus!
      D’ailleurs, en ce moment il y a des belles reductions chez bergeredefrance.fr Je ne perçois aucun avantage pour faire la pub, c’est juste pour l’info 🙂 …

  5. Bonjour Paula,
    Tres bonne année a toi et ta famille.
    Ton projet me fait sourrire. Tu es une femme, une maman et une amie au top. J’ai eu la chance de partager une journée avec toi il y a quelques jours pour la creation de ma 1 ere robe et non dernière. Tu as su me partager ta passion, ton savoir, tes techniques et tu m’as appris a dompter ma super machine a coudre qui attendait de voir le jour depuis 1 an. A présent, il me tarde de terminer ma robe et d’en refaire pleins d’autres avec des tissus différents. Je pense comme toi. Arrêtons d’acheter au magasin et faisons nous plaisir avec nos envies, créons les… c’est comme la cuisine, epicurienne que je suis, j’adore manger mais aussi cuisiner. Ma complète satisfaction passe par le choix de mes achats, la préparation, les bons parfums, les yeux, le touché et la dégustation. GRAND MERCI pour ton partage, a très VITE pour un cours de patisserie made in PONY.

    1. Merci beaucoup pour ton message/témoignage, Pony! Nous avons passé une belle journée dans mon atelier et j’ai pris beaucoup de plaisir à partager quelques techniques avec toi! Tu est aussi une amie au top! Le fait main nous permet de découvrir des valeurs communes n’est pas? Bisous, Paula

  6. Très bel article ! Je soutiens ! Et pour ceux et celles qui ne sont pas douées de leurs 10 doigts, je dirais qu’il y a aussi les vêtements d’occasion qui permettent une démarche eco-lo-nomique..

    1. Merci beaucoup Ktk! t’as tout à fait raison. Je penses aussi que celles/ceux qui débutent en tricot, couture ou crochet ou qui ont encore moins de temps que moi, peuvent éventuellement se faire une petite pièce pour la saison froide et une autre pour la saison chaude. Ça leur donne plus de temps pour planifier et finir leur projet… Bonne Année!

      1. Bonne année à toi aussi..
        Le crochet j adorerai.. Un jour je prendrai des cours, j espère ! C est magnifique ce que tu fais 🙂
        Cathel

  7. Olá Paula!!! Feliz ano novo pra vcs!!!! Muito bacana seu projeto!!! Eu tb compartilho com suas ideias. Boa sorte e bom trabalho!!!!
    🙂

    1. Muito obrigada! Merci beaucoup! Porque você não aproveita para aprender com a sua mãe? Eu gostaria muito de aprender com ela… Vocês duas são muito hábeis. 🙂

  8. Merci pour ton article Paula, cela sonne tellement vrai et je crois que cela nous parle à tous. Ici au US on est encore plus tenté par la surconsommation c’est Affolant! Je n’ai pas touché ma machine à coudre depuis plus de six mois… et je ressens vraiment le besoin de me”reconnecter avec la realité” pour te citer. C’est vrai au delà de l’aspect écologique ou économique, réaliser quelque chose de ses propres mains apporte une telle satisfaction! Et si cela peut nous permettre de retrouver du sens , la valeur de choses c’est encore mieux. Alors Paula encore merci pour cet article, bonne année ! Ton blog est vraiment prometteur, une petite merveille. Bravo.

    1. Merci beaucoup pour tes mots! Je suis contente de constater que mon ressenti est celui d’autres personnes de bon sens.
      Eh, oui, la surconsommation est une grande tentation aux US, encore plus qu’en France. Mais l’expérience d’expatriation a cet avantage là: elle met en lumière les « trop » et les « pas assez », du pays d’accueil et de ton pays d’origine. En tout cas c’est aux US que j’ai commencé à coudre et à tricoter. Le fait main est très valorisé là bas!
      Sinon, pour ce qui est de la surconsommation, aux US on consomme 5 planètes par an, alors qu’en France l’abus est de seulement 3 planètes par an! Le Japon en consomme 2,9 par an, la Chine 2,1, le Brésil 1,8 et l’Inde 0,5. (Source L’OBS)

  9. Bonjour ,j’aime beaucoup votre état d’esprit .Le fait main je le pratique depuis de très très longues années même quand ce n’était pas la mode !!!! J’aimerai m’inscrire à votre blog est-ce possible ? Belle soirée !!!

    1. Bonjour Mammypatch,
      Je suis très contente de savoir qu’une passionnée du fait main s’intéresse à mon blog! Bienvenue!
      Je n’ai pas encore crée une liste de diffusion. Mais ça viendra. C’est que pour l’instant les aiguilles priment sur l’informatique… 😀 En attendant la création de la liste de diffusion je vous propose de vous envoyer un mail à chaque fois qu’il y a un nouvel article. Restons en contact!
      Paula

    1. Bonjour Mamynette, merci pour ce commentaire qui me rassure aussi! Nous ne sommes pas seules, bien au contraire! Cette année je dis non à la « fast fashion », ou la mode rapide.

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