Avancer malgré les erreurs ou grâce aux erreurs?

Cet article parle du frog, des mailles arrachées, du découd vite, des augmentations oubliées, des « en même temps » négligés, des échantillons ratés. Si les erreurs dans le tricot, le crochet e la couture  vous agacent et drainent vos forces, cet article est pour vous! 

À chaque fois, la même expression: « Mais noooon!!!! ». Ça c’est quand il s’agit de la première erreur du projet. Quand c’est la deuxième, ça peut devenir un peu plus sanguin. La troisième fois… On n’en parle pas. En tout cas je me demande souvent « Est-ce que ça n’arrive qu’à moi? »

Non, pas qu’à moi. Quand on regarde des podcasts on se rends vite compte qu’on n’est jamais seule à Défaitland, ni à Arracheville. C’est un passage obligé! Alors, puisqu’il faut absolument y passer, comment faire pour que son séjour soit bref et moins pénible? Je crois qu’il faut d’abord décomplexer, puis adopter quelques bonnes habitudes. On peut aussi se munir de quelques outils, dont je parlerai à la fin . 

Ce n'est pas toujours de notre faute!

Première stratégie, décomplexons. Parce que parfois les instructions sont tout simplement… …laconiques. Elles donnent marge à deux interprétations. Malheureusement, en lecture de patron il n’y a pas des règles uniformes et claires comme dans les maths. Chaque éditeur a son style, chaque designer aussi.

Aucun enfant n'a été maltraité par le bonnet pendant cette séance photo.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai toujours pas fini de tricoter le cardigan commencé pour mon mari il y a 5 ans! C’est un patron qui ne dit pas dans quel ordre exacte il faut faire les points texturés, les augmentations de bidule tous les x rangs, les torsades et les mailles torses… Et pour couronner le tout,  4 paragraphes plus tard on découvre qu’il fallait « en même temps » diminuer z mailles à y mailles du bord tous les n rangs…  D’ailleurs, à partir de quel moment fallait-il le faire en même temps? Depuis le début??? Bref…  

Parfois l’auteur du patron voit sa construction de façon tellement claire, qu’il ou elle n’anticipe pas les doutes du lecteur. J’imagine que ce sont des personnes très expérimentées, qui ont déjà oublié leurs débuts difficiles dans les arts du fil.  Leur patron ne comporte pas de faute, pourvu qu’on le lise avec les yeux de l’auteur. Qu’on n’a pas. Ce n’est pas de notre faute. 

Le fond peut porter à confusion mais aussi la forme. Les difficultés de lecture dues à une police trop petite ou moins lisible ne sont pas négligeables. Le manque de titres, de sections. C’est un mauvais choix éditorial. Pas notre faute. 

Mais parfois le patron est parfait et on fait des fautes d’attention. Comment éviter ces erreurs?

Nos armes contre les fautes d'attention.

Les fautes d’attention nous attendent toujours bien cachés quelque part dans notre cerveau (surtout les cerveaux tête en l’air).  Mais nous pouvons nous armer en avance  avec un mental bien solide et puis avec quelques petites armes!  Voyons tout ça…

Pour le mental: régularité, entrainement, concentration. Go!

Si ce titre vous fait peur, rassurez-vous, je ne vous conseille pas de faire un entrainement militaire… Mais certaines habitudes peuvent réduire la fréquence des erreurs.  Et puis, on peut aussi faire un travail sur soi pour que les erreurs ne nous drainent pas notre créativité. 

Crédit photo: RyanMcGuire
Quelques bonnes habitudes.

Avec le temps, non seulement on devient plus fortes (forts) dans le déchiffrage de patrons, mais on devient aussi meilleure consommatrice (eur) et on achète des patrons plus clairs.  Quand j’aime une créatrice de patrons je reviens souvent vers la même! Avez vous remarqué que je mentionne souvent les patrons de tricot de Joji Locatelli? De temps en temps j’essaye un patron d’une autre créatrice. 

Il est toujours utile de jeter un coup d’oeil dans  les abréviations et comprendre la logique du patron. Les patrons ont souvent une introduction pour nous aider à comprendre son style et sa logique.

Parfois on croit pouvoir sauter cette étape… Genre, ‘je ne suis plus la fille qui n’arrivait pas à suivre un patron avec un « en même temps », alors ce bonnet c’est dans la poche!’        Ha, ha, ha. 

Ne faites pas comme moi (qui a vu mon podcast #5? Lien ici). Mieux vaut prendre un peu de temps au début car ça nous permet d’apprivoiser la construction de la pièce avant de se lancer. Ça nous permet aussi de voir si on connait toutes les techniques et d’aller chercher un tuto sur Youtube si on ne se souvient plus comment executer un certain geste. 

Et il y a aussi le fameux échantillon. J’espère que la simple mention de ce mot ne vous pousse à abandonner la lecture de l’article… Alors, très honnêtement , je ne fais l’échantillon que quand c’est indispensable, pour éviter d’obtenir un bonnet de taille bébé pour un adulte, ou un pull d’adulte pour un enfant. J’adore les châles…

Arrêter les distractions

J’ai récemment assisté à un documentaire de Arte qui parlait du multitâche. Est-ce que c’est bon pour nous? J’ai tout de suite pensé à mon habitude de faire du tricot et du crochet devant la télé et les podcasts. Est-ce que là je ne serait pas sur une bonne piste pour expliquer une bonne partie des erreurs?

La majorité des tricoteuses et des crocheteuses aiment cette double tâche… Je me dis que je vais essayer de couper les distractions quand je fais certains projets. Ce sera une expérience scientifique! Mais pour les projets du type « brainless », qu’on n’a pas besoin de penser, comme les points simples et répétés, un podcast reste le bienvenu.

Aussi, quand on regarde la télé on ne profite pas du plaisir que le crochet et le tricot procurent. On ne ressent pas autant. C’est dommage…

Une autre distraction ce sont les interruptions. Mais sachant qu’on n’a pas de télécommande pour les membres de la famille, je vous conseille de limiter certains projets pour les moments où ils sont couchés ou occupés…

Crédit photo: Pexels (Pixabay)
Un bon mindset.

Cependant, ça ne sert à rien d’avoir les bon outils et se concentrer au maximum si on n’accepte pas le fait que les erreurs arriveront de temps en temps.  Pour ne pas décourager devant les erreurs je vous partage mon point de vue. C’est le point de vue de quelqu’un très tête en l’air mais qui ne se laisse pas décourager! 

Je vois mes ouvrages comme des exercices. Comme si j’étais en formation et que chaque pièce était un entraînement. Parfois c’est un entraînement à une certaine technique,  parfois c’est un entraînement pour consolider des bonnes habitudes, pour découvrir l’importance de faire les choses dans tel ordre… Mais parfois c’est tout simplement un exercice de patience. De persistence. Parce qu’on en a tellement besoin dans ce monde trop rapide. 

Maintenant je voudrais partager avec vous les outils qui m’aident à faire moins de fautes.

Des outils simples qui ont fait leur preuve.

Mon premier outil préféré c’est le souligneur. Une fois la taille choisie je souligne partout dans le patron les instructions spécifiques à ma taille. En fluo de préférence! Quand je ne le fais pas… C’est sûr qu’il va ya avoir un accrochage! Ça m’est arrivé récemment (quelqu’un a lu mon dernier article de blog?). 

Ne pas perdre la ligne:

Pour les patrons avec diagramme, ou lorsqu’il est important de savoir à quelle ligne on se trouve, on peut utiliser un post-it ou du washi tape  pour indiquer la ligne ou on se trouve. C’est mieux de le coller en cachant plutôt la ligne d’après, ça facilite le travail.

Sinon, j’ai acheté un porte patron Knit Pro doublé en tissu noir quand j’étais débutante et il m’est toujours très utile! Il possède une petite bande aimantée qu’on déplace  selon qu’on avance dans le diagramme.  J’ai vu des publicités d’autres modèles plus grands, mais je n’ai pas essayé. 

Si on n’a pas ces outils, pas de panique!  Un stylo suffit pour marquer où on se trouve… Perso, j’utilise le stylo et le stabilo en complément du porte patron, car chacun a sa fonction. Le stabilo marque ma taille, le stylo ou crayon barre les rangs travaillés, note les modifications.

Marquer la maille:

Un outil  incontournable, c’est le marqueur de maille. Les marqueurs amovibles, qui s’accrochent à une maille, sont souvent utilisés en crochet, tandis que les anneaux marqueurs qui ne s’ouvrent pas sont très utilisés dans le tricot, entre les mailles et déplacés d’une aiguille à l’autre.

Parfois je les mets entre chaque répétition de patron (dentelle, jacquard). Et je trouve judicieux d’en mettre juste avant la maille où il y aura une diminution, ou dans la maille elle même si c’est un marqueur amovible. Je crois que nous sommes d’accord sur le fait qu’en début de rond tout le monde met un marqueur…

Il y a les jolis marqueurs mignons, souvent faits main par des passionnées, et les marqueurs de grande marque. Chacun son goût, j’ai utilise toute sorte de marqueur, on n’en a jamais assez!

Si vous n’avez pas de marqueur, pas de souci! un bout de fil d’un autre projet et un petit noeud nous font un marqueur amovible de couleur contrastante, doux, facile à déplacer et écologique! Et une trombone, une mini épingle de nourrice ou même une boucle d’oreille peuvent se transformer en marqueur amovible!

Compter ses rangs

Le dernier outil que je pourrais conseiller c’est le compte rangs, par contre c’est celui que j’utilise moins. Pourquoi?  Parce que je l’oublie systématiquement…  J’en possède quelques uns, voici mon préféré (on peut faire passer un fil et le mettre autour du cou, pour ne pas le perdre! Et parfois on oublie et on sort avec ce beau collier vert… On l’enlève et puis on le perd!!!). Ayant égaré le mien, je fais des bâtons au crayon dans le patron. Plein!!!

Je vous laisse avec cette petite perle:

Chaque projet est une étape qui passe par Défaitland et Arracheville et qui nous mène vers notre destination: Savoir Faire. Bonne route!

J’espère que vous avez aimé cet article. Laissez un commentaire pour partager vos astuces!

 

2 thoughts on “Avancer malgré les erreurs ou grâce aux erreurs?

  1. Merci pour cet article frais, sympa et tellement vrai.
    Pour compter les rangs, les augmentations et suivre les instructions, j’ai investi dans l’appli KnitCompanion et je ne regrette pas du tout.

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire, Anne! J’ai entendu parler de Knit Companion mais je n’ai pas encore essayé. Il faut vraiment que je jette un coup d’œil sur cette App!

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