Robe top down tricotée en laine

En Avril ne te découvre pas d’un fil. Cette expression, n’est-elle pas faite pour nous, passionnées de laine? Ça tombe bien, car aujourd’hui je voudrais vous parler d’une robe tricotée du haut vers le bas et donc sans couture.  

Robe Tricot Top Down 1

Le choix du projet

À cette époque de l’année, j’évite de commencer les manteaux en tricot, car je risque de les finir pour l’été. Mais entre l’hiver et l’été il y a le printemps…
Au printemps, plus qu’en hiver, j’ose porter des robes. De préférence un peu plus chaudes, et confortables, comme la robe Oak Dress de Kristina McGowan. 
At Argyle in 2017

J’ai rencontré Kristina Mc Gowan à l’époque où j’habitais à Brooklyn. Nous fréquentions la même LYS (local yarn store), c’est à dire, la même boutique de laines de quartier, qui s’appelle Argyle Yarn Shop.  Je l’aime tellement que j’y suis revenue pendant les vacances en 2017! (photo)

Kristina est très sympathique. Je garde un très bon souvenir de notre rencontre! À l’époque elle venait de publier son premier livre, Modern Top-Down Knitting, que j’ai acheté dans notre LYS, et elle m’a fait une dédicace! 

À l’occasion, elle a mesuré ma largeur de dos et m’a dit que j’étais plus petite que sa taille XS. Je devrais réajuster le patron (le nombre de mailles) pour que ça s’adapte à ma petite taille.  À cette époque l’idée de modifier un patron me donnait le vertige!

De son premier livre j’ai tricoté une tunique et un béret, sans aucune modification. Puis, quand j’étais déjà de retour en France, elle a écrit son deuxième livre, que j’ai pu trouver sur Amazon (lien dans l’image ci-dessous). J’ai décidé de commencer par la robe Oak Dress, que j’ai tricoté en gris. J’ai choisi le Pur Mérinos Français, de Bergère de France, acheté d’avance pendant les soldes d’hiver 🙂 .

Comment ajuster le patron à sa taille

Cette fois-ci j’ai osé suivre les conseils de la designer et j’ai adapté le nombre de mailles à ma carrure.

Pour cela j’ai fait d’abord un échantillon, puis j’ai mesuré mon dos entre les deux épaules (car c’est par ici que l’on commence l’ouvrage). Avec une règle de 3 assez simple j’ai facilement trouvé combien de mailles il fallait pour que le haut du dos soit à ma taille.

Comme ça: si z mailles font 10 centimètres, combien de mailles (x) il faut pour obtenir y centimètres ? Sachant que y correspond  à ma largeur de dos.

Et me voilà partie en aventure pour me faire une robe sur mesure!

 
 

Le montage provisoire du tricot top down

Comme beaucoup d’ouvrages top down, on commence au niveau des épaules, avec un montage provisoire, ou provisional cast on en anglais. On tricote le dos jusqu’au niveau du bas des aisselles et on s’arrête. Puis on arrache le fil contrastant qui maintenait le montage provisoire (photos ci dessous) et on récupère les mailles ainsi libérées pour continuer à les tricoter dans l’autre sens, des épaules vers le devant de l’ouvrage, jusqu’au niveau des aisselles aussi. 

J’ai aussi adapté le col pour que le décolleté soit moins prononcé. Comme il se tricote des épaules vers le bas, chaque côté séparément, on fait des augmentations pour obtenir le col en V. J’ai donc modifié les augmentations pour avoir un décolleté un petit peu plus discret…
 
Là où je me suis un peu planté c’est au niveau des emmanchures… je les ai faites plus grandes parce que je n’aime pas être serrée. Mais du coup j’ai fini par obtenir des manches beaucoup plus larges que mes bras…  J’ai donc fait des diminutions dans la partie intérieure des manches pour minimiser le problème…
 
La ceinture, la jupe et le bord du bas de la robe se tricotent tous en rond, sans couture. Je n’ai rien changé. C’est un jeu d’enfant avec des aiguilles circulaires et le câble plus long du set d’aiguilles.

Les manches top down

Les manches se tricotent aussi du haut vers le bas, sans couture. On reprend des mailles autour de l’emmanchure et puis on utilise des rangs raccourcis (short rows en anglais) au début pour former le haut des manches. Puis on peu les tricoter le bas en rond. Sans couture! Je trouve ça juste génial dans le tricot top down! J’ai utilisé le câble plus petit de mon set d’aiguilles circulaires en raison de la circonférence plus petite.

Detail manche rangs raccourcis

La technique des rangs raccourcis consiste à ne pas tricoter jusqu’à la fin du rang ou du rond, de tourner son travail et de tricoter de l’autre coté, puis s’arrêter encore une fois avant la fin du rang, tourner le travail et ainsi de suite. Il y a plusieurs façons de faire cela sans laisser des trous dans le  tissu. On trouve des videos sur YouTube, et l’auteure du livre explique une de ces techniques dans l’ouvrage.

Finitions

Detail finitions Oak dress
Les bordures du col y sont ajoutées sans couture, en relevant les mailles du bord et en les tricotant. D’autres finitions de la robe (manche et boutonnières) exigent de faire quelques points de base en crochet, ce qui est loin d’être un problème pour moi maintenant. Lorsque j’ai tricoté le premier projet du premier livre de Kristina McGowan je ne savais pas encore faire du crochet et je n’ai pas eu de problème pour comprendre ses explications. Elle explique tout très clairement, par contre il faut bien connaître l’anglais…
 
Contrairement au modèle, j’ai fermé le décolleté au niveau des boutonnières. Les miennes sont donc purement décoratives. Je ne voulais pas que l’on puisse voir mon soutien gorge à travers les boutonnières, donc j’ai fait des mailles coulées pour joindre les deux côtés du décolleté.
 

Et voilà le travail!

Robe Tricot Top Down SQ 2
Robe Tricot Top Down 6
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Le manteau Olga

Vous pensez que coudre un manteau doublé est ce qu’il y a de plus difficile dans le domaine de la couture? C’est ce que je pensais… Mais ma doudoune était un peu fatiguée, il me fallait un nouveau manteau. Alors pour le premier projet de couture de l’année je me suis accrochée au défis Je le veux je le fais, et j’ai cousu un manteau! 

 Souvenez-vous du patron que j’ai acheté au CSF (Salon Créations et Savoir Faire) pour faire mon premier manteau?  J’avais choisi un patron facile à coudre et je ne regrette pas ce choix. Il s’agit du manteau Olga, de Mouna Sew.

Manteau Olga interieur carre

Le lainage

J’ai attendu un peu avant de me lancer dans ce projet car j’attendais les soldes pour acheter le tissu.  Mais les tissus que j’aimais n’ont pas été soldés, pour ma plus grande déception…  🙁

J’avais le choix entre des tissus avec un peu de laine, beaucoup de laine et que de la laine. Après avoir consulté le livre de Christelle Beneytout (Guide des tissus par projets de couture),  j’ai acheté du loden, un tissu 100% laine, matière qui a des propriétés naturelles admirables et qui est est biodégradable. Parfait!  Et la couleur: bordeaux! J’adore les couleurs chaudes (mais là c’est du purement subjectif…)

couture loden

Mon loden vient de Tissus.net, un site que j’ai découvert récemment et qui m’a agréablement surprise. Je n’ai pas trouvé de lainage en 100% laine dans le magasin Mondial Tissus près de chez moi. Par contre ils avaient des beaux lainages mixtes.

La doublure vient aussi de Tissus.net et j’ai utilisé le côté plus foncé, l’autre côté étant un peu trop rouge par rapport au bordeaux du manteau. Le thermocollant est une Vlieseline H 250 qui est assez épaisse. Si c’était à refaire, je prendrait un thermocollant légèrement plus fin.

Le patron Olga

Le patron est sympa, bien conçu, et j’apprécie le fait que sa créatrice a fait un tuto vidéo sur youtube.  La vidéo clarifie les techniques plus complexes, comme l’incrustation au niveau des épaules, comment retourner le manteau après l’avoir cousu à la doublure et comment faire les ourlets de manche. Je n’en dirai pas plus, puisque la video est disponible sur internet pour celles qui voudront la visionner.

J’ai acheté la version papier, mais il est aussi disponible en PDF. (Pour voir mes observations sur l’assemblage des patrons PDF je vous renvoie vers mon article sur la Robe Arum).

Je l’ai fait en taille 42 (ma taille au niveau des hanches), mais j’aurais pu le faire en taille 40. L’avantage de l’avoir fait en 42 c’est qu’il se croise bien devant et me garde plus au chaud. Par contre si je ne le croise pas totalement il peut sembler grand.

Pour ce qui est des modifications apportées au patron, j’ai ajouté des poches, et je l’ai raccourci. 

poche manteau Olga

Les Poches: 

Pour ajouter des poches j’ai suivi un tutoriel que Mouna a publié sur son blog. C’est très simple.  Mon seul conseil serait de poser une pièce du patron près du corps et de marquer à quel niveau on souhaite coudre la poche, puis transférer l’information sur les autres pièces.  Cela permet de se sentir totalement confortable lorsqu’on met les mains dans les poches. 🙂

Pour le tissu des poches j’ai utilisé le même que pour la partie extérieure du manteau. Mais je me demande si la laine sera assez résistante à long terme pour accueillir des clés par exemple.  J’aurais dû peut-être la doubler…

La longueur du manteau:

J’ai aussi raccourci le manteau de 4 cm partout. Pour cela j’ai replié le patron au niveau des lignes parallèles des hanches (les lignes du bas) dans les pièces 1, 2, 3, 8 et 9 de sorte à enlever 4 cm de longueur. Pour info, je fais 1,55m. 

J’ai laissé les diminutions de manche pour la fin, juste avant l’étape 11-3. J’ai essayé le manteau pour marquer les manches sur moi, avec l’avant bras plié à 90 degrés, comme ma mère m’a appris… Par coïncidence les manches ont dû être raccourcies de 4 cm, tout comme le reste du manteau!

Longueur Manteau Olga carre

Et voilà le travail!

Je le voulais, je l’ai fait! Ça y est, mon manteau est prêt!  

Je suis très contente d’avoir cousu ce premier manteau. Je ne dis pas qu’il est parfait mais pour mon niveau de couture le résultat est plus que satisfaisant.  Par contre le repassage peut faire des progress…  😉

J’espère que cet article vous aura donné envie de coudre votre propre manteau. C’est tout à fait possible! Je trouve que ce modèle est parfait pour le début ou la fin de l’hiver et pour les journées plus fraiches de la mi-saison.

Manteau Olga sans la ceinture

N’hésitez pas à laisser un commentaire ou à poser des questions sur ce projet! À bientôt! 

Je le veux, je le fais.

Nous sommes le 1er janvier 2019. Bonne Année !  Avez vous pris des bonnes résolutions? On n’est pas obligé!  Parfois on a juste besoin de garder les bonnes habitudes, n’est pas?  De mon côté, j’aime bien les bonnes résolutions. Et si elles sont écrites quelque part ça marche mieux. Alors aujourd’hui je viens vous parler du défi que j’ai décidé de me lancer pour cette année. Je vais l’appeler Je le veux je le fais. Cela veut dire que pendant toute l’année 2019 je ne m’achèterai aucun vêtement. Si je veux avoir quelque chose de nouveau, je me le ferai. 

Mais pourquoi me compliquer ainsi la vie ? Pour une maman de 4 enfants c’est tellement plus simple d’aller au centre commercial et de s’acheter des habits tout faits! En plus on en trouve pour tous les budgets… Franchement, pourquoi se compliquer l’existence ? Par plusieurs raisons. D’abord parce que faire des choses avec les mains nous connecte à la réalité. Et ensuite parce que je cherche une certaine frugalité dans ma vie.

Le réel

Faire mes vêtements me rapproche du réel.  Notre monde est très complexe, nos modes de vie ont beaucoup évolué, et très rapidement. Les activités manuelles nous réconcilient avec notre présent, avec la réalité des choses et avec nos limitations. 

Un jour d’hiver, l’année dernière,  je tricotais devant la cheminée. J’avais eu du mal à faire du feu ce jour là, mais quand les bûches ont bien pris et que j’ai pu profiter de la chaleur, j’ai eu un sentiment de réalité. La chaleur ne venait pas d’un chauffage central, alimenté par un combustible acheté à x% par je ne sais plus quel fournisseur à un lointain pays producteur.  Elle venait des bûches que j’avais portées.

De même, le fil que je faisais passer entre les doigts et autour de mes aiguilles était un fil en laine de mouton. Je connaissais l’origine de la laine, ainsi que la filature, et je voyais le tissu grandir devant mes yeux. C’est moi qui a déterminé la qualité du fil et la couleur. J’avais aussi choisi le patron, la taille et c’était grâce moi que le projet avançait plus ou moins vite. 

Aller au magasin acheter ses vêtements a certes ses avantages, je ne dirai pas que les boutiques ne me plaisent pas. Mais tous les choix de tissu, de matériel, de style et de main d’œuvre ont déjà été faits. Et ils nous échappent. Tout vient de tellement loin et est tellement éparpillé qu’il devient difficile de cerner ce qu’il y a dans les rayons. C’est souvent comme un plat préparé. 


La frugalité

Mon défi Je le veux je le fais pourra répondre à un autre besoin. C’est le besoin d’avoir moins. Car je ne suis pas une ligne de production. Je suis une seule, et ma capacité de production est extrêmement limitée. Si j’ai envie d’avoir 3 nouvelles robes pour cet hiver je vais devoir réfléchir. Est-ce que cette envie correspond à mes besoins réels ? Je sais que pour moi ce serait de trop. Et passer du temps à faire la robe de plus est un gâchis que je ne peux pas me permettre. 

Vous voyez, je peux me sacrifier pour acheter une robe de plus, surtout si elle ne coute pas très cher. Mais si je la fais moi même, je réfléchirai mieux avant de commencer le projet. Pourquoi ? Parce que je n’ai pas envie de dire à ceux que j’aime d’attendre encore un peu parce que je suis très occupée à faire quelque chose dont personne n’a vraiment besoin. Je n’ai pas du temps à jeter par la fenêtre !

Ce besoin d’avoir moins est indispensable dans un monde où on consomme trop et très mal. Parce que les biens de consommation coûtent peu cher aux habitants des pays développés, nous avons oublié le travail et l’énergie nécessaires pour les produire. Ils sont confectionnés loin de nos yeux, dans des conditions mystérieuses, et ils nous sont proposés à des prix qui ne correspondent absolument pas au travail investi. Ni à la pollution qu’ils ont généré pour arriver jusqu’à nous.

Le besoin d’avoir moins réconcilie les difficultés de notre planète chérie, épuisée par un excès de production, avec notre bien-être, car beaucoup d’entre nous ont besoin de se désencombrer et de faire de la place pour ce qui a vraiment de la valeur. C’est ma version de frugalité. Je ne suis pas capable de réussir un potager, mais pour mes vêtements je peux faire quelque chose.  Je le veux, je le fais. 

Tricot detente

Je compte sur votre soutien moral car la route va être longue. Tout petit commentaire compte ! 🙂 N’hésitez pas non plus à partager cet article avec d’autres passionnés d’aiguilles et de développement durable. Merci!

Paula